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| DES COUPS DE PIED DANS L'EPROUVETTE | |||
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TITRE : Des coups de pied dans l'éprouvette SOUS-TITRE : AUTEUR : Debry Jean-Michel Présentation : Biologiste, docteur en science, Jean-Michel Debry partique les procréations médicalement assistées depuis quinze ans. Auteur de nombreux articles et d'un premier ouvrage, La fertilité contrariée, il est également chroniqueur à Athena, magazine belge des technologies. L'auteur se présente lui-même : "L'accès à l'âge adulte, les dissensions nées au sein de l'Eglise, l'intérêt pour d'autres types d'aspirations, notamment scientifiques, m'ont éloigné plus que largement de la pratique religieuse. Un catholique de second choix, en somme, mais estampillé d'origine, tout de même, sacrement à l'appui. Or ne voilà-t-il pas que ce même catholique pratique la FIVETTE et les techniques apparentées : du conditionnement du sperme de donneur en vue d'IAD à la congélation embryonnaire. Du tout-répréhensible aux yeux de l'Eglise. S'agit-il d'inconscience ou de naïveté ? De bravade ou de franche provocation ? Les paris sont ouverts... Mais la réponse est simple et immédiate, évidemment : il ne s'agit ni de l'une ni de l'autre de ces attitudes. En dépit d'une opposition clairement affirmée de l'Eglise vis-à-vis des PMA, j'ai accepté d'être un artisan des procréations assistées, et pire, de le rester. Mais avec une réserve de taille cependant : pas pour y faire n'importe quoi". (P. 175-176)
PREFACE : Albert Jacquard Un livre au ton très libre. L'auteur y expose ses convictions très personnelles, égratignant certaines manières de faire ou de penser. Si certaines objections sont évacuées un peu trop facilement (concernant le clonage par exemple), si malgré le titre d'un chapitre, l'aspect religieux est seulement survolé, si certains sujets ne sont même pas évoqués (don de sperme ou d'ovule), ce livre mérite quand même d'être lu pour son ton irrévérencieux, et ses positions inhabituelles sur l'ICSI ou le don d'embryon, ainsi que pour ses explications de l'infertilité masculine. Néanmoins on reste quand même sur sa faim. Et les coups de pieds lancés dans les éprouvettes ne sont pas de nature à les faire exploser définitivement . Des coups de pieds d'embryon, en somme. |
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| SOMMAIRE | |||
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1. Clonage, élucubration et science-fiction 2. Le DPI, diagnostic pré-implantatoire 3. Le choix du sexe 4. L'infertilité masculine... ou l'art d'accomoder les restes. 5. SUZI, ICSI et compagnie 6. De l'embryon à l'enfant ou du meilleur au pire. 7. Et Dieu dans tout ça ? |
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| EXTRAITS | |||
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L'ICSI est-elle une technique dangereuse ?
"S'il n'y a pas de danger apparent, il y a des risques bien réels." [...] "Si les enfants-ICSI, dans leur plus jeune âge, semblent exempts de toute anomalie, rien, dans l'état actuel des choses, ne permet d'exclure le fait que l'une ou l'autre de ces anomalies puissent survenir avec retard, y compris à l'âge adulte." [...] "Il faut être réaliste et vigilant. A ce titre, il paraît impérieux d'assurer le suivi médical du plus grand nombre d'enfants-ICSI afin de pouvoir déceler, le plus vite possible le cas échéant, une éventuelle anomalie et y porter remède. C'est une des raisons pour lesquelles l'ICSI devrait être réservée à quelques centres nécessairement multidisciplinaires capables et désireux de cerner en permanence un maximum de paramètres, y compris ceux qui concernent la santé des enfants conçus." (P. 149-150) "On sait depuis quelques années que les spermatozoïdes peuvent constituer des transporteurs privilégiés d'ADN étranger. Le simple fait de barboter dans un milieu de culture qui en contient suffirait à ces cellules actives pour en saisir les fragments qui, par les bienfaits de la micro-injection, risquent de se retrouver à l'intérieur de l'ovule où ils n'ont rien n'a faire et où ils pourraient être malencontreusement intégrés au génome du futur embryon. Avec toutes les conséquences qu'on imagine. Même chose, évidemment, pour de l'ADN viral apporté dans le milieu de culture par le sérum sanguin utilisé. Ici encore, on n'ose imaginer ce que donnerait l'insertion d'un tel génome dans celui d'un zygote. Bref : on prend conscience aujourd'hui du fait que des risques potentiels existent, qu'ils pourraient avoir des conséquences difficilement calculables ; à un moment où les bébés ICSI se comptent déjà par milliers..." (P. 145-146) LE DPI
Déplacement du problème ne signifie pas pour autant dérobade : les couples qui en ont fait l'expérience savent le renoncement et l'abnégation que cela implique. Pour résumer, le diagnostic préimplantatoire constitue incontestablement un progrès par rapport au diagnostic prénatal classique dans la mesure où il porte sur des embryons à peine formés avec lesquels aucun contact charnel n'a encore pu être établi. Une destruction embryonnaire (pour cause d'anomalie ou de sexe non désiré), si elle est nécessaire, n'affecte en théorie qu'une partie des embryons. Les lois de ségrégation mendélienne des chromosomes assurent la normalité statistiquement prouvée d'une partie des embryons formés. Le choix d'une telle destruction peut être d'autant plus facile à prendre par les couples qu'elle est pratiquée par un anonyme en blouse blanche, dans un laboratoire. La responsabilité de l'acte est déplacée, le geste aseptisé, propre, en quelque sorte, invisible à l'oeil nu. On est loin de la résignation parfois douloureuse d'une mère qui consent à faire interrompre une grossesse, partie intégrante d'elle-même depuis plusieurs mois déjà. Dans le cas du DPI, l'embryon replacé n'est plus le début possible d'une belle histoire ; c'est un produit déjà abouti, testé, estampillé, auquel il reste simplement à s'implanter." (P. 69-70) Les embryons surnuméraires
Non seulement les embryons trouvent une nouvelle finalité qui les fait échapper à la destruction ou à la conservation à durée indéterminée, mais des couples peuvent trouver un aboutissement à leur souhait de parentalité non réalisé autrement. Dans des conditions qui leur sont, évidemment, clairement définies : celle d'une adoption prénatale d'embryons. Bien sûr la femme portera un enfant qui aux yeux de tous sera le sien, mais il y aura discontinuité génomique, comme pour l'adoption classique. D'un autre côté, des embryons dont la conception repose sur la volonté humaine ne sont pas euthanasiés, par commodité, par cette même volonté. Ils seront entretenus dans un projet parental qui ne sera plus simplement le projet initial." (P. 199) |
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