Alliance et Fécondité


Alliance et Fécondité : association de lutte contre la stérilité des couples
 
DONUM VITAE : LE DON DE LA VIE
TITRE : Le don de la vie
AUTEUR : Congrégation pour la Doctrine de la Foi
DATE : 22 février 1987
I LE RESPECT DES EMBRYONS HUMAINS

2. Le diagnostic prénatal est-il moralement licite ?

3. Les interventions thérapeutiques sur l'embryon humain sont-elles licites ?
2. Le diagnostic prénatal est-il moralement licite ?

    Si le diagnostic prénatal respecte la vie et l'intégrité de l'embryon et du foetus humain, et s'il est orienté à sa sauvegarde ou à sa guérison individuelle, la réponse est affirmative.

    Le diagnostic prénatal peut en effet faire connaître les conditions de l'embryon et du foetus quand il est encore dans le sein de sa mère ; il permet ou laisse prévoir certaines interventions thérapeutiques, médicales ou chirurgicales, d'une manière plus précoce et plus efficace.

    Ce diagnostic est licite si les méthodes utilisées, avec le consentement des parents convenablement informés, sauvegardent la vie et l'intégrité de l'embryon et de sa mère, sans leur faire courir de risques disproportionnés 27. Mais il est gravement en opposition avec la loi morale quand il prévoit, en fonction des résultats, l'éventualité de provoquer un avortement : un diagnostic attestant l'existence d'une malformation ou d'une maladie héréditaire ne doit pas être l'équivalent d'une sentence de mort. Aussi, la femme qui demanderait ce diagnostic avec l'intention bien arrêtée de procéder à l'avortement au cas où le résultat confirmerait l'existence d'une malformation ou d'une anomalie, commettrait-elle une action gravement illicite. De même agiraient contrairement à la morale le conjoint, les parents ou toute autre personne, s'ils conseillaient ou imposaient le diagnostic à la femme enceinte dans la même intention d'en venir éventuellement à l'avortement. Ainsi également serait responsable d'une collaboration illicite le spécialiste qui, dans sa manière de poser le diagnostic et d'en communiquer les résultats, contribuerait volontairement à établir ou à favoriser le lien entre diagnostic prénatal et avortement.

    On doit enfin condamner, comme une violation du droit à la vie de l'enfant à naître et comme une atteinte grave aux droits et devoirs prioritaires des époux, toute directive ou programme émanant des autorités civiles, sanitaires, ou d'organismes scientifiques, qui favoriserait en quelque manière la connexion entre diagnostic prénatal et avortement, ou qui inciterait les femmes enceintes à se soumettre à un diagnostic prénatal dans le but d'éliminer les foetus déjà atteints ou porteurs de malformations ou de maladies héréditaires.

3. Les interventions thérapeutiques sur l'embryon humain
sont-elles licites ?

    Comme pour toute intervention médicale sur des patients, on doit considérer comme licites les interventions sur l'embryon humain, à condition qu'elles respectent la vie et l'intégrité de l'embryon et qu'elles ne comportent pas pour lui de risques disproportionnés, mais qu'elle visent à sa guérison, à l'amélioration de ses conditions de santé, ou à sa survie individuelle

    Quel que soit le genre de thérapie médicale, chirurgicale ou d'un autre type, le consentement libre et informé des parents est requis, selon les règles déontologiques prévues dans le cas des enfants. S'agissant d'une vie embryonnaire ou de foetus, l'application de ce principe moral peut demander des précautions délicates et particulières.

    La légitimité et les critères de ces interventions ont été clairement exprimés par Jean-Paul II : « Une intervention strictement thérapeutique qui se fixe comme objectif la guérison de diverses maladies, comme celles dues à des déficiences chromosomiques, sera, en principe, considérée comme souhaitable, pourvu qu'elle tende à la vraie promotion du bien-être personnel de l'homme, sans porter atteinte à son intégrité ou détériorer ses conditions de vie. Une telle intervention se situe en effet dans la logique de la tradition morale chrétienne » 28

NOS COMMENTAIRES
    Aujourd'hui les médecins sont capables de prévoir quelles seront les malformations de l'enfant à naître, et son état de santé présent et futur.

    Il est tentant pour des futurs parents de se laisser convaincre par la science de ne pas mettre au monde un enfant qui posera de gros problèmes à ses parents et à la société.

    C'est à chaque couple de décider en conscience de ce qu'il doit faire dans ce cas. L'Eglise, elle, considère qu'il est important de soigner l'embryon ou le foetus in utero quand cela est possible, mais de ne pas attenter à sa vie. Selon son principe de base qu'embryon et foetus sont des personnes humaines, ayant droit à la vie, comme tout être humain.

     Pourquoi ce paragraphe dans un document destiné aux PMA ? Parce que les PMA considérent l'embryon et le foetus comme une chose. Il faut donc que l'Eglise leur redonne leur vraie place.

VOCABULAIRE

Diagnostic prénatal : Examens médicaux pratiqués in utero pour vérifier la santé et l'intégrité du foetus, ou de l'embryon.

Magistère : Les instances de l'Eglise chargées d'enseigner la Foi.
NOTES
  1. Cf. Jean-Paul II, Discours aux participants au Congrès du " Mouvement pour la vie " 3 décembre 1982 (DC 1983, 189-191).
  2. Jean-Paul II, Discours aux participants de la 35e Assemblée Générale de l’Association Médicale Mondiale, 29 octobre 1983 (DC 1983, 1067-1069).