Alliance et Fécondité


Alliance et Fécondité : association de lutte contre la stérilité des couples
 
DONUM VITAE : LE DON DE LA VIE
TITRE : Le don de la vie
AUTEUR : Congrégation pour la Doctrine de la Foi
DATE : 22 février 1987
I LE RESPECT DES EMBRYONS HUMAINS
5. Comment apprécier moralement l'usage, à des fins de recherche,
       des embryons obtenus par la fécondation "in vitro" ?

6. Quel jugement porter sur les autres procédés de manipulation des embryons
       liés aux "techniques de reproduction humaine" ?
5. Comment apprécier moralement l'usage, à des fins de recherche, des embryons obtenus par la fécondation «in vitro»  ?
Les embryons humains obtenus in vitro sont des êtres humains et des sujets de droits. Leur dignité et leur droit à la vie doivent être respectés dès le premier moment de leur existence. Il est immoral de produire des embryons humains destinés à être exploités comme un « matériau biologique » disponible.

    Dans la pratique habituelle de la fécondation in vitro, tous les embryons ne sont pas transférés dans le corps de la femme certains sont détruits. Aussi, comme elle condamne l'avortement provoqué, l'Eglise interdit également d'attenter à la vie de ces êtres humains. Il faut dénoncer la particulière gravité de la destruction volontaire des embryons humains obtenus « in vitro » par fécondation artificielle ou « fission gémellaire » à de seules fins de recherche. En agissant ainsi, le chercheur se substitue à Dieu et, même s'il n'en a pas conscience, se fait maître du destin d'autrui, puisqu'il choisit arbitrairement qui faire vivre et qui faire mourir, et qu'il supprime des êtres humains sans défense.

    Les procédures d'observation ou d'expérimentation qui causent un dommage ou imposent des risques graves et disproportionnés aux embryons obtenus in vitro sont, pour les mêmes raisons, moralement illicites. Tout être humain est à respecter pour lui-même ; il ne peut être purement et simplement réduit à sa valeur d'usage au bénéfice d'autrui.

    Il n'est donc pas conforme à la moralité d'exposer délibérément à la mort des embryons humains obtenus « in vitro ». Par le fait qu'ils ont été produits in vitro, ces embryons non transférés dans le corps de la mère, et qualifiés de « surnuméraires », demeurent exposés à un sort absurde, sans qu'il soit possible de leur donner des voies de survie certaines et licitement réalisables.

6.Quel jugement porter sur les autres procédés de manipulation des embryons liés aux « techniques de reproduction humaine » ?
Les techniques de fécondation in vitro peuvent rendre possibles d'autres formes de manipulation biologique ou génétique des embryons humains telles que : les tentatives ou projets de fécondation entre gamètes humains et animaux, et de gestation d'embryons humains dans des utérus d'animaux; l'hypothèse ou le projet de construction d'utérus artificiels pour l'embryon humain. Ces procédés sont contraires à la dignité d'être humain qui appartient à l'embryon, et en même temps, ils lèsent le droit de toute personne à être conçue et à naître dans le mariage et du mariage 32. Même les tentatives ou les hypothèses faites pour obtenir un être humain sans aucune connexion avec la sexualité, par «fission gémellaire », clonage, parthénogénèse, sont à considérer comme contraires à la morale, car elles sont en opposition avec la dignité tant de la procréation humaine que de l'union conjugale.

La congélation des embryons, même si elle est réalisée pour garantir une conservation de l'embryon en vie («cryoconservation »), constitue une offense au respect dû aux êtres humains, car elle les expose à de graves risques de mort ou d'atteinte à. leur intégrité physique ; elle les prive au moins temporairement de l'accueil et de la gestation maternelle, et les place dans une situation susceptible d'offenses et de manipulations ultérieures.

Certaines tentatives d'intervention sur le patrimoine chromosomique ou génétique ne sont pas thérapeutiques, mais tendent à la production d'êtres humains sélectionnés selon le sexe ou d'autres qualités préétablies. Ces manipulations sont contraires à la dignité personnelle de l’être humain, à son intégrité et à son identité. Elles ne peuvent donc en aucune manière être justifiées par d'éventuelles conséquences bénéfiques pour l'humanité future 33. Toute personne doit être respectée pour elle-même : en cela consiste la dignité et le droit de tout être humain depuis son origine.

NOS COMMENTAIRES
En considérant l'embryon, dès sa conception, comme un être humain, le Magistère transforme le biologiste en un monstre, juge, bourreau et tortionnaire, expérimentateur sur l'être humain, rappelant les expériences passées du milieu du 20e siècle.

On peut comprendre que le couple s'oppose à cette conception, qui choque notre esprit. Pourtant les arguments sont bien les mêmes : le bien de l'humanité, le choix de ne pas faire vivre des êtres diminués, l'appaisement de la souffrance de certains au détriment d'autres.

Le problème des embryons surnuméraires est crucial pour de nombreux couples. Que faire de ces êtres humains appelés à vivre, mais maintenus dans un coma artificiel ? Faut-il les offrir à la recherche, ou à un autre couple ? Faut-il les faire mourir ? On se trouve alors dans le même cas de conscience que devant un avortement. La congélation ne fait que repousser le problème à plus tard, et introduit un dommage supplémentaire à l'embryon. Un moine bouddhiste parlait même d'« enfer froid » pour ces embryons.

Il est évident que toute tentative de manipuler la race humaine, faite à l'image de Dieu, est une altération de cette image divine, et donc un sacrilège. D'autant plus quand on y insère des gênes d'animaux, ou qu'on utilise ces derniers pour la procréation humaine.
NOTES
  1. Cf. Jean-Paul II, Discours aux participants à un Congrès de l’Académie Pontificale des Sciences 23 octobre 1982 (DC 1982, 1028-1029) : " Je condamne de la manière la plus explicite et la plus formelle les manipulations expérimentales faites sur l'embryon humain, car l'être humain, depuis sa conception jusqu'à sa mort, ne peut être exploité pour aucune raison ".

  2. Charte des Droits de la Famille, publiée par le Saint-Siège, art. 4/b : L'Osservatore Romano, 25 novembre 1983.

  3. Cf. Jean-Paul II, Discours aux participants au Congrès du " Mouvement pour la vie", 3 décembre 1982 (DC 1983, 189-191) : " Toute forme d'expérience sur le fœtus qui pourrait en altérer l'intégrité ou en aggraver les conditions, à moins qu'il ne s'agisse d'une tentative extrême de le sauver d'une mort certaine, est moralement inacceptable ". Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration sur l'euthanasie, 4 (DC 1980, 697-700). " A défaut d'autres remèdes, il est licite de recourir, avec le consentement du malade, aux moyens fournis par la médecine la plus avancée, même s'ils sont encore au stade expérimental et ne sont pas exempts de quelques risques ".