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REDUCTION EMBRYONNAIRE ? RISQUE DE MENTALITE EUGENISTE
Le Conseil pontifical pour la Famille dénonce cet "avortement sélectif" |
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CITE DU VATICAN, jeudi
13 juillet 2000 (ZENIT.org) - "S'il appartient aux limites humaines de devoir parfois
assister impuissants à la mort prématurée de créatures innocentes, il ne pourra
jamais être moralement licite de provoquer volontairement la mort": c'est en ces
termes que le Conseil Pontifical pour la Famille affirme moralement illicite de
détruire des embryons surnuméraires dans le sein maternel. Il dénonce la "réduction
embryonnaire" comme un "avortement sélectif", et le risque que cette technique ne
conduise à une "mentalité eugéniste".
Publication aujourd'hui Cette "Déclaration" d'une page et demi, élaborée par le Conseil Pontifical pour la Famille, est en date du 12 juillet et signée par le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, Président de ce dicastère et par Mgr Francisco Gil Hellin, secrétaire. Le Bulletin de la Salle de presse du Saint-Siège la publie aujourd'hui. Le fait: une augmentation des cas L'exposé de la Déclaration part du fait de l'augmentation des cas de grossesses multiples provoquées soit comme un effet de la stimulation ovarienne en cas de stérilité, soit comme résultat de la fécondation artificielle (Cf Donum Vitae, II). De telles techniques peuvent être à l'origine de "situations difficiles, voire dramatiques", souligne le document qui rappelle de ce fait la "responsabilité" des médecins qui pratiquent "l'hyper-stimulation" sans les "précautions nécessaires" ou qui appliquent les techniques de fécondation artificielle, et "provoquent des situations qui mettent en danger la vie de la mère et celle des enfants conçus". Le problème La question de la survie se pose alors. Le Conseil rapporte l'opinion de qui estime que dans ce cas, soit survient la "mort naturelle" des embryons dans l'utérus, soit la "naissance prématurée de foetus sans espérance de vie", mais que si tous les embryons arrivent au moment de l'accouchement, c'est la vie de la mère qui est en danger. Ces arguments, résume la déclaration, font conclure à d'aucuns que "seraient justifiées la sélection et l'élimination de certains embryons pour sauver les autres ou au moins l'un d'eux" et ceci, par la technique de la "réduction embryonnaire". Le droit à la vie C'est pourquoi le Conseil pontifical rappelle les principes qui conduisent à sa réponse. Premier principe: "chaque embryon doit être considéré et traité comme une personne humaine, dans le respect de son éminente dignité" (cf. Donum Vitae, I, 1). Conséquence: "on doit reconnaître à l'enfant à naître, dès le premier instant de sa conception les droits humains fondamentaux, et, en premier lieu, le droit à la vie, qui ne peut donc être violé d'aucune façon". Conclusion: "Au-delà de toute confusion et ambiguïté, on doit par conséquent affirmer que la "réduction embryonnaire" constitue un avortement sélectif: elle consiste en effet dans l'élimination directe et volontaire d'un être humain innocent" (cf. Evangelium Vitae, 57). C'est donc, affirme le document un "désordre moral grave" (EV, 62), qu'elle soit "voulue comme fin ou utilisée comme un moyen". Une norme valide pour tous Le Conseil pontifical affirme que cette vérité est "accessible à la raison simple": elle constitue pour cela une "norme valide pour tous" (EV, 101), "y compris les non croyants". "L'interdit moral demeure, dit le document, même dans le cas où la poursuite de la grossesse comporte un risque pour la vie ou la santé de la mère et des autres jumeaux. En effet, il n'est pas licite de faire le mal même en vue d'un bien" (EV, 58). Ni "moindre mal" ni "double effet" Le document refuse donc les principes parfois invoqués du "moindre mal" ou du "double effet". Il rappelle que "la vie de l'homme vient de Dieu", qu'elle est "toujours un don", "participation à son souffle vital" (EV, 39). "La sélection embryonnaire, comportant l'élimination volontaire d'une vie humaine ne peut être justifiée ni sur la base du principe dit du "moindre mal" ni sur la base du "double effet". Mentalité "eugéniste" Le Conseil pontifical met en outre en garde contre la "sous-évaluation" que cette pratique ne porte à "une mentalité eugéniste". Pourquoi? Parce que "moyennant les techniques de diagnostic prénatal, on pourrait arriver à mesurer la valeur d'une vie humaine seulement à partir de paramètres de normalité et de 'bien-être physique' (EV, 63), à la lumière d'un concept réducteur de 'qualité de la vie'". Progrès scientifiques Le document s'achève sur une note d'espérance devant les "importants progrès scientifiques réalisés ces dernières années" qui permettent à des grossesses multiples d'être heureusement menées à terme, et sur une invitation adressée à ceux qui sont "au service de la vie" à faire "tout leur possible pour sauver la mère et les enfants". Réaction d'un médecin: éviter les grossesses multiples Le Président de la Société italienne de "médecine de la reproduction", M. Severino Antinori, par ailleurs favorable à la réduction embryonnaire, reconnaît cependant que les grossesses multiples peuvent être "facilement évitées en intervenant à temps par une modulation correcte de la stimulation thérapeutique". Réaction d'un législateur: les droits de l'embryon La Déclaration a immédiatement suscité des réactions dans le monde politique italien. Pour Mme Ombretta Fumagalli Carulli, sénateur, dont Adn-kronos a recueilli la réaction, "l'avertissement lancé par le Vatican contre la réduction embryonnaire constitue l'énième invitation à approuver rapidement la loi sur la fécondation assistée". "A propos de la question discutée des droits de l'embryon, je voudrais rappeler, disait-elle, à ceux qui les nient, que sur la base des principes de la doctrine morale de l'Eglise mais aussi sur la base des lois non écrites du droit naturel, on doit reconnaître le statut juridique de chaque embryon, entendu comme le stade primordial mais désormais défini d'une personne humaine". ZF00071301 | ||