|
|
||
| Accueil/Bioéthique/ Spiritualité / | |||
|
CAUSES SPIRITUELLES DE LA STERILITE (Homélies de Saint Jean Chrysostome) |
|||
|
Isaac priait, dit le texte, pour son épouse Rébecca, parce qu'elle était stérile. Avant tout, ce qu'il faut chercher, c'est pourquoi elle
était stérile. Sa vie était admirable, sa chasteté exemplaire, et son mari lui ressemblait.
Nous ne pouvons pas censurer la vie des personnes justes, nous ne pouvons pas dire
que la stérilité soit un effet du péché. Rébecca ne fut pas seule stérile, la mère
d'Isaac aussi avait été stérile, Sarra, qui le mit au monde, et non-seulement sa
mère, non-seulement son épouse, mais sa belle-fille aussi, Rachel, épouse de Jacob.
Que signifie cette foule de femmes stériles ? tous ces personnages étaient justes,
tous étaient doués de vertus, tous approuvés par le témoignage de Dieu. C'est d'eux
en effet qu'il dit : Je suis le Dieu d'Abraham et le Dieu d'Isaac et le Dieu de
Jacob. (Exode, III, 6.) Paul, en parlant d'eux, s'exprime ainsi : Aussi Dieu ne rougit point d'être appelé leur Dieu. (Hébr. XI, 10.) Leur éloge se trouve souvent dans le Nouveau Testament, souvent dans l'Ancien. lis étaient à tous égards nobles, illustres, et tous avaient des femmes stériles, et ils ont vécu longtemps sans enfants. Donc, quand vous voyez un mari et une femme passant leur vie dans les prescriptions de la vertu, dans la religion, dans la piété, et sans enfants, gardez-vous de croire que la stérilité soit une punition des péchés. Il y a beaucoup de raisons de la Providence divine que nous ne connaissons pas. Nous devons toujours rendre à Dieu des actions de grâces, et il ne faut regarder comme malheureux que ceux qui se souillent par leurs vices, et non ceux qui n'ont pas d'enfants. Bien souvent Dieu dispose les événements dans notre intérêt, mais nous ne saisissons pas ces causes cachées. Voilà pourquoi nous devons toujours admirer sa sagesse, glorifier son ineffable bonté. Les réflexions présentes peuvent être utiles à nos moeurs, il nous faut toucher ici la cause de la stérilité de ces femmes. Quelle en fut donc la cause? Dieu a. voulu que, quand vous verriez une Vierge enfanter notre Dieu, notre commun Seigneur, vous ne refusiez pas votre foi. Exercez donc votre pensée, réfléchissez sur cette stérilité quand vous voyez celles qui n'étaient pas fécondes, que la nature avait condamnées, démentir la nature et devenir mères, ne vous étonnez pas qu'une Vierge soit devenue mère aussi, disons mieux, soyez toujours pénétrés d'admiration, admirez avec stupeur, mais ne refusez pas votre foi aux miracles. Quand un juif vous dira : comment une vierge est-elle devenue mère ? répondez-lui, vous : comment est-elle devenue mère celle qui était stérile et accablée par la vieillesse ? Deux obstacles alors, l'âge avancé, l'incapacité de la nature. Dans la Vierge, il n'y avait qu'un obstacle, c'est qu'elle ne connaissait pas le mariage. La femme stérile ouvre donc la voie à la Vierge. Combien d'années donc avait-il quand Isaac engendra Jacob ? Jacob, dit le texte, sortit, tenant de sa main le pied de son frère. C'est pourquoi il l'appela Jacob, et l'autre Ésaü. Isaac avait soixante ans lorsque ces deux enfants lui naquirent. (Gen. 25, 25-26.) Donc, s'il avait quarante ans quand il épousa Rébecca, et soixante ans, quand ses fils lui naquirent, il est clair que son épouse est demeurée stérile pendant vingt ans, et que, pendant tout ce temps-là, Isaac priait Dieu. Eh bien ! ne rougissons-nous pas, ne sommes-nous pas confondus, quand nous voyons ce juste, pendant vingt ans, attendre, sans perdre l'espoir, tandis que nous, trop souvent, après une ou deux demandes, nous nous décourageons, nous nous indignons ; et cependant cet homme juste était en grande faveur auprès de Dieu il se résignait à voir le don différé, il attendait avec patience ; mais nous, souillés de péchés sans nombre, nous en qui habite une conscience tourmentée, nous qui n'avons aucune affection pour le Seigneur, si nous ne sommes pas exaucés avant d'avoir parlé, nous perdons courage, nous nous indignons, nous renonçons à la prière. Ce qui fait que nous nous en allons toujours les mains vides. Quel homme a prié Dieu pendant vingt ans, faisant toujours la même prière, comme a fait ce juste ? Disons mieux, quel homme a prié Dieu vingt mois seulement? Avez-vous bien compris la force de la prière; comme elle triomphe de la nature ? Imitons-le tous; et nous aussi, soyons assidus dans nos prières. Car, si Dieu nous voit prier conformément aux lois qu'il nous impose, il se hâtera de nous accorder toutes les largesses de ses dons. Puissions-nous les obtenir, par la grâce et par la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui appartient, comme au Père, comme au Saint-Esprit, la gloire, l'honneur, l'empire, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. |
|||