Alliance et Fécondité









Alliance et Fécondité : association de lutte contre la stérilité des couples  
ENQUÊTE  AUFEMININ.COM SUR LE DESIR D'ENFANT 3/3
Le site AuFeminin.com organise une grande enquête sur le désir d'enfant. Elle n'a pas valeur de sondage, puisqu'elle s'adresse à une population ciblée (surtout des femmes fréquentant le site, ou des couples souffrant du manque d'enfant), et que rien ne contrôle qu'une personne ne réponde pas plusieurs fois, mais le nombre de participants (plus de 11000 à ce jour) autorise à se pencher sur les résultats affichés, tout en restant critique.

Vous pouvez participer en allant sur la page de l'enquête sur le désir d'enfant

Vous pouvez consulter la page des résultats de l'enquête

1.Vous et votre désir d'enfant           2. Le désir d’enfant dans la société               3. Désir d'enfant, science et éthique
3. Le désir d’enfant : quand la science et l’éthique s’en mêlent
13. 60% des personnes ayant répondu à l'enquête pensent que les femmes n'ont pas assez conscience "que plus le temps passe, plus la grossesse devient improbable et risquée". 21% pensent qu'il n'y a pas de bon moment pour enfanter. 19% pensent qu'une femme peut faire un enfant quand elle veut.

De manière étonnante la comparaison entre les 60% de réponse à cette question et les 45% à la question 8, la même posée d'une autre façon, montre un écart important. D'où l'intérêt de bien poser les questions si on veut une réponse adéquate.

Les autres réponses aussi sont étonnantes :

1/5 des personnes pensent qu'il n'y a pas de bon moment pour enfanter, alors qu'à la question 11 ils disaient à 59% que le bon moment était quand on était mûr pour cela et 83%, à la question 5, disaient que le bon âge pour avoir un enfant est 20-30 ans.  Plus d'1/5 donnent cette réponse alors que 3% seulement des réponses disaient ne pas vouloir d'enfant à la question 6, c'est vraiment étonnant. Il serait intéressant d'approfondir cette question.

19% des personnes pensant qu'une femme peut avoir un enfant à tout âge, c'est aussi vraiment étonnant
 
14. Les personnes ayant répondu à l'enquête sont 38% à approuver la position française selon laquelle les couples homosexuels ne doivent pas accéder à la PMA. 33% pensent que cela sera possible un jour en France, mais que la société française n'est pas encore prête. Par ailleurs, 29% pensent qu'un "couple mono-parental" a le droit à avoir un enfant.

71% des personnes ayant répondu sont donc contre l'évolution de la loi en faveur de l'ouverture aux lesbiennes de la PMA, les gays n'étant pas concernés par la PMA telle qu'elle est vécue en France.

Quant aux 29% de personnes qui réclament le droit à l'enfant aux "couples monoparentaux", je me demande pour quoi, ou pour qui,  ils ont voté. J'ai longuement cherché sur Internet la définition du couple monoparental. Cette expression est quelques fois associée aux couples homosexuels, quelques fois aux familles monoparentales. Cette expression me paraît très ambiguë. S'il n'y a qu'un seul parent, il ne peut y avoir de couple. Et s'il y a déjà parentalité, pourquoi réclamer un droit à l'enfant, puisque l'enfant est déjà là ? Pourtant près de 30% des personnes ont préféré se prononcer sur cette question, plutôt que sur l'accès à la PMA des homosexuels. Cette réponse étant aussi, en filigrane, un plaidoyer pour l'accès à l'adoption pour ces "couples monoparentaux".
Il faut, d'autre part, souligner que le droit à l'enfant n'existe pas en France, ni pour les homosexuels, ni pour les hétérosexuels. Les services sociaux, ainsi que l'Eglise catholique ne cessent de répéter que le droit est du côté de l'enfant. Droit à avoir des parents, droit à l'amour, à l'éducation, etc.. On se demande alors ce qui justifierait un "droit à l'enfant" pour les couples de même sexe, alors que les couples stériles de sexes complémentaires  n'y auraient pas droit.
 
15. Faire un enfant à 45 ans, pour une femme, c'est de l'inconscience pour 40% des participants, en pensant à l'enfant avec une mère âgée. 32% approuvent ces femmes, libres de faire un enfant quand elles veulent et 28% qu'elles sont irresponsables, au vu des risques de malformation du bébé.

Encore une fois on trouve un désaccord avec les réponses précédentes. En effet 32% trouvent que ces femmes ont le droit faire un enfant quand elles veulent, alors qu'ils n'étaient que 19% à la question 13. Il faut penser, sans doute, que la moitié des femmes pensant qu'il n'y a pas de bon moment pour faire un enfant les ont rejoints.

Parmi les enfants de parents âgés, on constate que l'unanimité n'existe pas. Certains disent en avoir souffert, d'autres, au contraire ont apprécié cette situation, et d'autres encore ont trouvé cette situation normale. De même pour les personnes nées avec un handicap. Rares sont ces personnes qui regrettent de vivre et en veulent à leurs parents de leur avoir donné la vie. Un enfant, puis un adulte, atteint de malformation peut très bien être heureux, malgré son handicap.
 
16. A la question sur les mères porteuses et le don d'ovocytes, 39% des participants trouvent que les femmes âgées ou souffrant d'infertilité ont le droit de "faire un enfant" ; 32% que cela reflète l'acharnement procréatique des femmes ; 29% que c'est une révolution scientifique.

Dans cette question on mélange mères porteuses et donneuses d'ovocytes. La situation est pourtant complètement différente. En France le prêt d'utérus est complètement interdit, tandis que le don d'ovocytes est légal, voire encouragé.

Rappelons que le dons d'ovocytes est anonyme (on ne peut pas donner pour quelqu'un que l'on connait) et gratuit (la donneuse ne reçoit aucune contrepartie). Les ovocytes ne sont donnés que pour une fécondation in vitro, on ne peut pas implanter des ovocytes dans les ovaires d'une autre femme, et à ma connaissance on n'a pas cherché à en mettre dans les trompes de Fallope. La fécondation se fait donc avec les ovocytes d'une femme inconnue et le sperme du mari. L'enfant a donc comme père génétique l'homme du couple, tandis que la mère génétique est inconnue. La femme accouche donc de l'enfant d'une autre, mais est considérée par la loi comme la mère du fait de l'accouchement.

Pour les mères porteuses, utilisées dans la situation d'une impossibilité pour la femme d'avoir une grossesse (utérus inexistant ou trop petit, autre malformation...), on trouve deux cas : la mère porteuse se fait inséminer par le sperme du futur père, l'enfant est donc génétiquement le sien, ou la mère porteuse se fait implanter l'embryon du couple parent, dans ce cas elle ne fait que prêter son utérus le temps de la grossesse. Dans les deux cas elle porte l'enfant pendant 9 mois, et a donc des relations privilégiées avec lui, ou pas de relations si elle fait commerce de son ventre et ne s'intéresse pas à lui, ce qui n'est pas mieux pour le développement de l'enfant. Légalement, il est nécessaire que la mère porteuse accouche sous X, que l'enfant soit reconnu par le père, et que sa femme adopte légalement l'enfant, qui n'est pas considéré d'elle, puisqu'elle n'a pas accouché.

En ce qui concerne les mères porteuses ce n'est en rien une révolution scientifique, la Bible en parle déjà. Sarah a demandé à Abraham de coucher avec sa servante, elle a accouché sur ses genoux, et l'enfant est considéré comme le sien, il s'agit d'Ismaël, l'ancêtre de la nation arabe. L'utilisation de mères porteuses ne reflète pas le désir des femmes de "faire un enfant", puisque, par définition, ce n'est pas elles qui le font. Dans le cadre de la gestation pour autrui (prêt d'utérus), elles participent à la conception, mais ni à la grossesse, ni à l'accouchement.

Mais il est vrai que dans les deux cas on bouleverse la conception de la maternité. La mère n'est plus celle qui accouche.
 
17. Le don de gamètes anonyme et gratuit est considéré par 45% des personnes comme un moyen d'éviter les dérives. 30% pensent que c'est mieux pour le couple et l'enfant, et un quart des personnes pensent que cela empêchent les enfants de connaître leurs parents biologiques.

En instituant la gratuité et l'anonymat du don de gamètes, le législateur avait surtout présent à l'esprit le don de sperme, plus que le don d'ovocytes. En effet, le don de sperme est facile et renouvelable aisément, tandis que le don d'ovocytes est une procédure lourde qui n'incite pas la donneuse à recommencer souvent.

75% des personnes ayant répondu à cette question trouvent que la loi française a raison de ne pas autoriser le choix de son donneur ou de sa donneuse. En empêchant le frère ou la soeur, l'ami ou l'amie, de donner ses gamètes pour faire un enfant au couple, la loi évite les situations gênantes dans le couple ou la famille. "Une fois le don d'ovocytes fait par ma belle-soeur, j'ai fait promettre à mon épouse d'aller vivre aux Etats-Unis, pour ne pas avoir à la regarder dans les yeux en sachant que c'est la mère de mon enfant." Nous disait un homme qui avait prévu de faire un don d'ovocytes non anonyme en Grande-Bretagne. Dans d'autres pays, la soeur jumelle peut donner ses ovocytes, ou le grand-père son sperme. Est-ce souhaitable ?

Le don gratuit permet de ne pas en faire un moyen de gagner sa vie ou de s'assurer un complément de revenu. Dispersant ainsi ses gamètes dans toute la France et multipliant les enfants potentiels. Aux Etats-Unis certains donneurs de sperme sont pères de plusieurs centaines d'enfants. Des sites Internet tentent de les regrouper afin de reconstituer cette famille virtuelle.

Car si certains enfants ne souhaitent pas connaître leur père ou mère génétique, pour d'autres, comme pour les enfants adoptés, c'est une nécessité de les rencontrer.  Mais au-delà de la gratuité ou de l'anonymat de la PMA avec donneur, c'est le concept même qui est à mettre en cause :
"La fécondation artificielle hétérologue lèse les droits de l'enfant, le prive de la relation filiale à ses origines parentales, et peut faire obstacle à la maturation de son identité personnelle. Elle constitue en outre une offense à la vocation commune des époux appelés à la paternité et à la maternité ; elle prive objectivement la fécondité conjugale de son unité et de son intégrité ; elle opère et manifeste une rupture entre parenté génétique, parenté «gestationnelle » et responsabilité éducative. Cette altération des relations personnelles à l'intérieur de la famille se répercute dans la société civile : ce qui menace l'unité et la stabilité de la famille est source de dissensions, de désordre et d'injustices dans toute la vie sociale. "  nous dit l'Eglise Catholique dans Donum Vitae.
 
18. Parmi les trois propositions présentées par l'enquête 58% des personnes se disent le plus choquées par "les dérives du clonage reproductif", 23% par la vente d'ovules sur Internet, 19% par "Ces femmes américaines qui congèlent leurs ovocytes pour ne pas perturber leur vie professionnelle en attendant le « bon moment » ".

Encore une question bizaremment formulée. On ne définit pas les dérives du clonage reproductif, mais on précise bien qu'en ce qui concerne la congélation d'ovocytes, il ne s'agit que des américaines et parmi elles uniquement celles qui travaillent et parmi ces dernières uniquement celles qui décident d'attendre pour enfanter afin de ne pas nuire à leur carrière. Il y avait peut-être d'autres dérives de la PMA qui choquent les personnes, mais ce sont uniquement ces trois là qui ont été choisies. Pourquoi ?

En ne définissant pas le clonage reproductif les enquêteurs ouvre la voie à tous les fantasmes. Sachant qu'il est pratiquement impossible de cloner un être humain vivant aujourd'hui, on ne sait pas par quoi sont choqués les personnes qui ont choisi à 58% cette réponse. Par définition tout clonage est "reproductif". Même le clonage dit "thérapeutique" (qui ne soigne rien) ou le clonage "scientifique". Lorsque l'on produit un embryon par clonage, on reproduit de fait la personne clonée, au stade d'embryon, certes, mais être humain cependant. D'autres études montrent pourtant que ce clonage en vue d'études scientifiques utilisant l'embryon comme matériau ne choquent que peu de personnes.