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| Accueil/Fécondité du couple/Les différentes fécondités du couple | |||
| La fecondite de la vie, malgre l'absence d'enfant. | |||
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Nous voulons dans ces quelques lignes, non pas faire l'apologie de la vie sans enfants, ce qui serait contraire à notre but, mais ouvrir des chemins d'espoir aux couples qui n'ont pas eu la chance d'avoir des enfants. Pour les couples qui n'ont jamais desire avoir d'enfant, ou qui ont desire ne jamais en avoir, le problème n'existe pas, ils ont choisi leur voie, en couple, pour l'exercice de leur passion, et sont heureux comme ça. Mais pour les couples en mal d'enfant, qui n'ont pas choisi de ne pas en avoir, la souffrance est rude quand l'enfant ne vient pas. Et lorsqu'on assume cette souffrance, et qu'on decide d'être fecond malgre elle, cette souffrance reste au fond de nous en permanence, même si elle est attenuee. Mon epouse et moi sommes maries depuis 1986, nous voulions plusieurs enfants, et nous avons vainement attendu le premier. Nous nous sommes tournes vers la medecine, qui a rapidement diagnostique un problème de sperme. Catholiques pratiquants, nous nous sommes tournes vers notre Eglise, pour connaître les reponses qu'elle apportait aux problèmes ethiques poses par l'AMP, et adherer aux mouvements de couples qui aidaient les couples en mal d'enfant. Deçus de voir que les reponses apportees etaient uniquement dogmatiques, et qu'aucun mouvement d'Eglise ne venaient au secours des couples desempares, nous avons fonde l'association Alliance et Fecondite, pour combler ce manque. La lecture des documents officiels de notre Eglise, de livres d'ethique, la frequentation de prêtres, medecins, theologiens, et autres amis, la prière, nous ont permis de former notre propre opinion. Et nous avons decide que l'AMP, n'etait pas la voie pour notre couple. Un agrement d'adoption, reçu en 1995, n'a pas pu être concretise, à la fois à cause des circonstances de la vie, et en même temps, à cause d'un sentiment que nous etions appeles à une autre fecondite. Soyons bien clair que ce choix n'est pas celui que nous voulons imposer au sein de notre association, nous considerons que chaque couple doit trouver son chemin de fecondite, au sein de son amour, et de ses convictions. Cet etat de vie pourrait même, eventuellement evoluer par la suite. Nous ne fermons pas la porte aux changements qui pourraient advenir dans notre vie. Pourquoi vivre sans enfant, malgre la souffrance ? Il y a d'abord, pour les couples qui pratique l'AMP, une limite qu'ils doivent se donner. Savoir que l'on peut vivre heureux et fecond, malgre l'infertilite, doit permettre de donner une chance au corps et au couple. L'acharnement procreatif n'est pas une bonne chose, ni pour la femme, ni pour le couple. Le corps s'use de subir tous ces traitements, les risques de cancer augmentent, le moral s'epuise face aux echecs. Le couple est ecartele entre les phases d'espoir, et les moments de decouragement ; entre les traitements lourds imposes à la femme, et l'attente aimante, mais impuissante, de l'homme ; entre l'urgence du corps feminin (le plus tôt est le mieux, si possible avant 35 ans), et la force de l'âge de l'homme ; entre le desir d'enfant toujours plus exacerbe de la femme, et le besoin de presence de sa femme pour l'homme ; entre le sentiment d'inutilite des relations sexuelles, et l'illusion de l'efficacite des traitements medicaux. Il faut savoir arrêter cette spirale mortifère. Mais si le couple ne peut concevoir sa vie sans enfant, si la vie sans enfant leur apparaît comme l'arrêt de mort de leur couple, alors, il est impossible de mettre fin aux traitements. D'autant plus, qu'en France, l'AMP ne coûte rien aux couples. L'autre raison de donner une chance à la vie sans enfant est que tant que les traitements sont en cours, ou que l'on attend l'agrement, le couple est, de fait, sans enfant. Faut-il alors focaliser toute sa vie, toute son energie, sur l'attente de l'enfant ? La vie continue, et le couple peut attendre plusieurs annees avant que l'enfant n'arrive à la maison. Le mieux est donc que le couple adopte une attitude positive face à la vie, soit pendant la periode d'attente, soit pour le reste de sa vie. Une troisième raison concerne les couples dont l'infecondite est inexplique (idiopathique). On constate, que dans ces cas, les Nouvelles Technologies de la Reproduction (NTR) n'apportent rien de plus. Des succès sont constates, bien sûr, mais les taux d'echec sont plus eleves que pour les autres couples. En fait, les NTR sont là pour gerer le temps. Cela vaut-il d'abimer son corps, son couple, de depenser (ou de faire depenser à la collectivite) beaucoup d'argent, alors qu'il suffit de ne rien faire pour que bebe arrive ? Plutôt que d'attendre sterilement, autant gerer ses fecondites de manière positive. Qu'est-ce qui fait qu'un couple est fecond, ou non ? Pour beaucoup de couples cela passe par l'enfant. Mais l'enfant prouve la fertilite du couple, pas forcement sa fecondite. Il existe plusieurs sortes de fecondites, et les couples sans enfant ont une force que ne possèdent pas les celibataires : leur amour. L'amour que se portent l'homme et la femme est par nature fecond en l'autre. Le regard d'amour que l'on porte sur son conjoint le construit. Le but du couple est d'edifier chacun des membres de ce couple. La première des fecondites du couple est donc le bonheur de l'autre. Ce bonheur passe, bien sûr, par le plaisir que l'on donne à l'autre, le plaisir sous toutes ses formes, mais aussi par la realisation de ses aspirations artistiques, culturelles, sportives, religieuses, ou autres. Construire l'autre, c'est lui donner du temps et de l'espace pour lui. Un couple avec enfant a moins de temps et moins d'espace à consacrer à soi-même et à son conjoint. Ne pas avoir d'enfant peut donc être une chance à saisir pour soi, et pour son couple. Aux personnes qui veulent maigrir, le premier conseil donne est celui de remplacer le plaisir de la nourriture par autre chose : musique que l'on aime durant le repas, jolie preparation des plats de regime, et de la table, etc.. De même, le desir de mettre au monde un enfant peut-il est attenue par le plaisir de creer. Arts plastiques, construction d'une maison, d'un jardin, creation d'une association, de sites Internet, ecriture de romans, de poèmes, chacun doit pouvoir trouver en lui une source de creation. Avoir un conjoint qui souffre est une preuve de non fecondite du couple. Avoir un conjoint plein de sante et de bonne humeur est un signe de fecondite du couple. Certains couples sans enfant se replient sur eux-mêmes, ils ont peur des couples avec enfant, coupent toutes relations avec leurs amis dès qu'ils ont un enfant, ils se sclerosent. Là se trouve la vraie stérilité. La deuxième fecondite est, bien sûr, la fecondite sociale. Il est vrai qu'il est toujours difficile pour un couple en mal d'enfant d'aller à la maternite, de rencontrer des femmes enceintes, ou qui pouponnent, d'assister aux cadeaux de Noël, ou autres fêtes d'enfants. Mais il y a d'autres occasions de se faire des amis, et l'on doit être heureux de pouvoir montrer aux autres que l'on rend heureux son conjoint, malgre l'absence d'enfant. Faire partager le bonheur de s'aimer, de vivre ensemble malgre les epreuves de la vie, temoigner que l'amour vrai est possible, même quand le pire est là, rend le couple fecond. Car ce temoignage fortifie les couples en difficulte, et donne aux jeunes la preuve qu'il existe des couples qui tiennent, leur donne foi en l'amour. Ceci n'est pas de la theorie, mais du vecu. La troisième fecondite est de l'ordre de l'action. "Nul n'est indispensable" a-t-on l'habitude d'entendre. Nous pensons au contraire que nous sommes tous indispensables. Chacun d'entre nous a un rôle à jouer dans notre societe. Et les couples sans enfant ont un devoir d'engagement vis-à-vis des autres. L'energie, l'amour, qu'ils ne consacrent pas à leurs enfants, ils doivent les tourner vers les autres. Je parlais tout à l'heure du temps pour soi, pour se construire, la fecondite du couple passe aussi par l'engagement ensemble pour aider les autres. A chaque couple d'inventer l'engagement qu'ils sont prêts à prendre. Les associations sont nombreuses qui ont besoin de benevoles, et les couples sont les bienvenus. L'engagement d'un couple apporte une garantie supplementaire à une action. Essayez, vous verrez. La dernière fecondite est spirituelle. Je m'adresse là, bien sûr, aux croyants de toutes les religions. Nous croyons que nos souffrances, nos combats, nos joies aussi, ne sont pas inutiles. Spirituellement "celui qui s'elève, elève le monde". Tous nos combats pour mieux nous aimer, tous nos pardons, offerts et reçus, toutes nos souffrances même, parce qu'elles nous amènent au-delà de nous mêmes, participent à la lutte du monde entier, pour qu'il devienne meilleur. Nous rejoignons ainsi les moines et les moniales qui prient dans leur monastère. Fecondite de la prière qui sanctifie le monde. Nous aussi par, notre prière, nous pouvons participer à cette mission. Sait-on jamais, notre prière peut nous amener à une fecondite charnelle (naissance d'un enfant), pour nous-mêmes, ou un autre couple. En tout cas, elle n'est jamais inutile. Je voudrais ouvrir une parenthèse pour parler des couples avec enfants, qui souhaitent un enfant supplementaire. Surtout des couples ayant chacun des enfants, de leur côte, mais aucun ensemble. Il est evident que leur fecondite de couple passe d'abord par l'education des enfants qui vivent sous leur toit. Nous comprenons que le desir d'avoir un enfant de son compagnon est fort, aussi fort sans doute que les couples sans enfant, mais le principal devoir n'est-il pas d'abord d'eduquer les enfants vivants, et de les rendre heureux ? La fecondite du couple sera manifeste sur le visage de leurs enfants, qui risquent de souffrir des traitements de leur maman. L'eventualite de la naissance d'un enfant du couple vaut-il le risque du desequilibre de la famille ? Chaque couple jugera. En conclusion, choisir la fecondite non charnelle c'est donner une chance à la vie. C'est s'ouvrir aux multiples possibilites de fecondite, s'ouvrir à soi, s'ouvrir à son conjoint, s'ouvrir au monde, s'ouvrir à Dieu. Ce n'est certes pas une voie facile, mais l'AMP et l'adoption ne le sont pas non plus. Choisir la fecondite sans enfant le plus tôt possible, c'est se donner une chance de bonheur plus rapidement, et si l'enfant arrive par surcroit, alors c'est un bonheur multiplie ! Pendant toute la periode d'attente on aura appris à être heureux malgre sa souffrance, on se sera construit, interieurement et exterieurement, et on sera plus fort encore pour faire face aux difficultes de l'education. Choisissez vite d'être feconds, en couple, malgre l'absence d'enfant, pour un temps ou pour la vie, vous serez plus heureux. Véronique et Eric Dubois | |||